Après Tchernobyl, Bugey ?
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Aux portes de Lyon, la vieille centrale nucléaire du Bugey….

Quatre vieux réacteurs de presque 40 ans (1978 – 1979) toujours en fonctionnement, qu’EDF voudrait prolonger jusqu’à …60 ans. Pourtant des incidents se succèdent : tuyauterie corrodée, pièces non conformes en matière de sécurité, enceinte de confinement non étanche (réacteur 5)….inquiétant.

Sur le même cite bientôt la construction d’ICEDA (Installation de Conditionnement et d’Entreposage de Déchets Activés). Cette installation est dangereuse. En plus des risques intrinsèques à son activité – explosion libérant de la radioactivité, elle va générer du transit routier et ferroviaires de produits radioactifs. Pour en savoir plus : http://www.sortirdunucleaire.org/Presentation-du-projet,3493

Les Lyonnais-ses sont donc sous une double menace. En cas d’accident grave à la centrale du Bugey, le nuage radioactif atteindrait Lyon rapidement, les fuites de liquides toucheraient également très vite les nappes d’eau qui nous alimentent. Évacuer la population de l’agglomération lyonnaise est inenvisageable.  Seule solution : l’arrêt définitif de la centrale devenue vieille et dangereuse. Si dans notre mix énergétique l’énergie nucléaire représente 75 % de l’électricité produite, elle ne représenterait au final que 17 % de l’énergie finale consommée une fois déduit les rejets thermiques dans l’air et dans l’eau. On pourrait donc envisager son arrêt. voir : https://reporterre.net/Le-nucleaire-represente-17-de-la

Le nucléaire, et si on parlait des coûts ?

Les coûts incontrôlés de la construction de l’EPR de Flamanville (10 milliards d’euros), le coût annoncé de l’enfouissement des déchets radioactifs à Bure (35 milliards d’euros), les coûts annoncés de la mise en conformité de nos vieilles centrales nucléaires…interrogent sur le maintien du paradigme nucléaire instauré dès la fin des années 60.

Depuis le modèle de service public de l’énergie issu de la Libération, l’Etat s’est conforté aux règles de concurrence et d’ouverture du marché Européen de l’énergie. La libéralisation du marché de l’énergie, supposée améliorer la compétitivité par une plus forte concurrence n’a pas tenu ses promesses libérales loin s’en faut.

Pour que l’ouverture d’un marché puisse infléchir les tarifs, il est nécessaire que le nouvel offreur soit en capacité financière d’y pénétrer et d’y trouver des perspectives de rentabilité financière à un terme acceptable au regard du montant des sommes investies. Hors pour le marché de l’énergie, le ticket d’entrée est très élevé. Ainsi les opérateurs ont donc intérêt à s’entendre sur les tarifs. Conséquence ; les consommateurs se retrouvent donc face à un prix de l’énergie plus élevé (+33 %).

La pente des coûts du nucléaire est croissante ; les installations vieillissent et nécessitent des investissements de plus en plus conséquents pour maintenir leur fonctionnement. On parle de plusieurs millions d’euros pas réacteur, hors la France compte 58 ! Nous sommes face à un mur d’investissement auquel aucun opérateur énergétique ne peut faire face.

Les coûts de maintien en activité des centrales nucléaires, les investissements non rentables dans de nouvelles installations, le coût croissant de cette énergie pour les consommateurs font que le nucléaire est une impasse. Impasse pour la sécurité des citoyens en raison de sa dangerosité et des déchets radioactifs, mais également sur sa viabilité financière.

La solution ; sortir progressivement du nucléaire. Objectif 2035 !

Les écologistes souhaitons parvenir à 100 % d’énergie renouvelable d’ici 2050. Les principales mesures pour parvenir à cet objectif : investissement massif dans le déploiement d’énergies renouvelables telles que l’éolien, le solaire, l’hydraulique, la récupération d’énergie…Mais aussi l’élaboration au niveau local de plans de développement des énergies renouvelables en complémentarité avec les programmes et actions de sobriété et d’efficacité énergétique, la recherche sur le stockage et l’efficacité énergétique.